15 mars 2009

Cuisine d’O, Cuisine hydrophile

Cuisine d’O est une cuisine hydrophile, comme j’aime. Se présente donc en soupe, à la vapeur, dans son jus non-réduit ou en bouilli.
Et oui, ce n’est pas croustillant. Pour quelques-uns (je dirais plupart), ce n’est pas le plus séduisant.

Justement quelle différence entre deux? Mine de rien, elle est capitale.

Il y a une expérience du cuit et du cru, sans aller jusqu’à parler savamment de la culture et la sociologie, on sait que ces expériences influence à notre façon de penser.
De même, il y a aussi une différence sensible DU MOUILLE ET DU BRULE, une histoire de texture de nourriture qui influence à la psychologie humaine. (…Pour les animaux aussi, c’est pareils… j’imagine !?)

Quand je suis arrivé en France, au début, j’avais l’impression tout le temps d’avoir soif, parce qu’il n’y avait que des nourritures sèches, consistantes et brûlées. Il n’était pas facile de trouver une soupe dans une carte de restaurant, si ,si de temps en temps, mais une soupe épaisse, ce n’est pas assez aqueux comme je mangeais dans mon pays…
C’est une histoire d’il y a 20ans, aujourd’hui avec le vent  de  minceur, de diététique, la soupe est devenue  à la mode.
Et progressivement j’ai découvert qu’ici on cuisine très peu avec l’eau, plupart de recette se fait au four dans un environnement chaud-sec, en rôti, en sauté, toujours soucieux de réduire le jus en dense pour obtenir le goût riche.
Ça a beaucoup changé actuellement, grâce(?) au maketing et la mode de bien-être, on boit beaucoup plus, par exemple la consommation du thé est remarquablement augmentée, mais à l’époque le rayon de boisson au supermarché était vraiment limité, juste des boissons de base : quelques jus de fruit, des boissons gazeuses et des eaux minérales… sinon pas de fantaisie. Et si je me ne trompe pas les gens buvaient de l’eau très peu. Pendant le repas, c’était plutôt le vin qui fluidifiait l’aliment absorbé.
Que ça m’était un bonheur de trouver quelques mets humides en soupe et en vapeur au restaurant asiatique!!! (oui, j’avoue qu’à cette période, je ne cuisinais pas moi-même. Disons, je me légitime sous un prétexte que j’étais un jeune étudiant étranger qui vivait tout seul !)

En Asie hydrophile, on aime manger aqueux, mou, humide, collant à la limite visqueux. Ici oléophilie, on aime, croustillant, grillé, huileux, concentré, humide…de gras.
Au fil des années que je vis ici je me suis habitué à la coutume alimentaire de l’occident et jouie de ses avantages, par exemple, moins d’eau donc moins de sel, moins de bouillons chauds donc moins agressif à l’œsophage et l’estomac (Savez-vous qu’en Asie le cancer n°1 est d’estomac ? Manger chaud, presque bouillonnant, en plus épicé est une des causes majeures)

Pourtant comme la bouche n’oublie jamais ce qu’elle a appris, je dois de temps en temps me réconforter auprès de mes plats aqueux de la cuisine d’O

Pour finir ce sujet en bonne question à réfléchir, si on aime cuisiner, on peut remarquer ce différent mode de cuisson lié à la sensualité de texture. Si vous avez un peu de connaissance sur l’art et la culture asiatiques vous saurez tout de suite de quoi je parle.
La sensualité, la proximité du corps à corps, comme enfant et mère, de là, l’amour familial et la solidarité du groupe appartenant et certaine fluidité de pensées asiatiques.
Alors qu’en occident, le corps est retenu, privé de toucher sous la doctrine religieuse, le plaisir charnel est un pêché. Ainsi, l’homme occidental est seul (surtout après la mort de Dieu) d’où la quête de l’individu et la solidarité sociale au-delà  du groupe appartenant

Un sujet est vaste à réfléchir…en faisant la cuisine, moi, en publiant mes recettes d’O.

Posté par Luna k à 17:34 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Cuisine d’O, Cuisine hydrophile

  • Très, très intéressant. Je vais suivre ce blog avec beaucoup de plaisir pour mettre en pratique beaucoup plus de cuisine d'O.

    Posté par VanessaV, 12 avr. 2009 à 21:45 | | Répondre
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