17 mars 2013

L'agglomération de viandes, l'agglomération de convoitises et l' agglomération de comportements

se traduisent chacun, le produit, le vendeur et l'acheteur. Comme les acteurs d'une histoire de trois mousquetaires qui fonctionnent fort bien.

Je lis mon journal le matin tout en buvant tranquillement mon café et m'informe des actualités. «Quoi ? La viande de cheval dans les viandes ? Mais c'est pas vrai !!» Indignée, je blâme sévèrement ce système alimentaire qui pourrit la santé de l'humanité. Je m'énerve et tourne coléreusement les pages. « Tiens, le rubrique de conseils santé... » ça m'attendrit tout de suite. « Oui, après tout, faut garder le calme, la sérénité, c'est important pour le bien-être ..., tiens tiens, le quinoa, un super aliments...hum, tout le monde s'y met ? Mais voilà, ce sera le menu de mon déjeuner ! ». Je continue à lire des infos sur son incroyable intérêt diététique. «  Oh, super, j'en prendrai tous les jours, c'est quand même important le bien-être, hein ? Dans ce monde de fous ... vraiment... » Et je cours au magasin bio pour m'acheter pleine de quinoa.
C'est une scene, que j'imagine, et qui se passe réellement chez beaucoup de gens soucieux de sa santé et, probalement, de la santé des autres aussi.

Quinoa rue vers l'or

Photo ci-dessus parue dans Le Monde du 13 03 2013  Aizar RALDES/AFP

steak hachéPhoto parue dans Le Post du 22 06 2011   MAXPPP

La raison, où est-elle, l comme locavore ?
Un steak haché du commerce est une agglomération de nombreuses morceaux d'origines différentes. Il peut unifier jusqu'à environs 300 bovins (ou ... de chevaux ) différents arrivés à l'usine de quatre coins du monde en camions, en trains, en bateaux et en avions, parfois en passant des escales.
Et, ce star monatnt, le quinoa, la petite graine est l'objet des convoitises venant du monde entier. Un gros faisceaux de flèches de Cupidon, emportés par le vent de la mondialisaiton, creverait bien son petit coeur...
ça n'a pas l'air trop mal comme histoire d'amour. Les cultivateurs de quinoa, paysans modestes jusqu'il y a peu de temps, font du businesse, ils ont eux-aussi le droit de jouir le confort moderne : envoyer les enfants à l'école, s'acheter une grande télévision, des voitures etc. bref, de consommer comme les gens de pays riches. Où est le mal ? Je ne sais pas trop.

Cependant ils sentent un peu la même odeur le steak haché et l'amour unanime vers ce «super-aliment ».
L'article du journal Ouest-france.fr du 30 octobre 2012, cite les cultivateurs de quinoa : « Nous ne sommes jamais malades car nous en mangeons depuis des générations ». Ils sauront bientôt ce que c'est d'être malade, une fois qu'ils auront joui du droit de vivre et de manger comme les gens de pays riches.
Dans un articles de Le Monde du 13 mars 2013, une marchande bolivienne est toute optimiste, car, selon elle, malgré la hausse de prix, la vente a augmenté, les nouveaux clients riches arrivent, et heureusement les pauvres ont "pu" diminuer la consommation habituelle... Qu'est-ce qu'il insinue ce "pu" ?
L'autre article du même journal du même jour ( le quinoa est décidément en vogue, on dirait) transmet les expertises nous rassurant que tout va bien et que le sol se porte très bien nonobstant l'augmentation spectaculaire de la culture. Le feu vert d'experts, alors on y fonce.
Il me semble que, de nos jours, un expert n'est pas toujours le synonyme de l'indépendance, ni de justesse, sachant qu'une grande institution pour laquelle des scientifiques travaillent a besoins d'argent et de partenariat pour faire fonctionner...

Dans le système alimentaire actuel, nous les consommateurs sommes des boucs émissaires ou des moutons de Panurge ?
Hier et avant hier, nous avons vu des émissions, lus des articles sur la monoculture de soja en Amerique du Sud. Bien sûr, nous le regrettons et sommes contre. N'empeche qu'aujourd'hui, la monoculture de quinoa dans les pays producteurs s'est mis en marche... inexorablement, tant que nous voudrons tous avoir de bonne forme grâce à ce super aliment .

Est-ce que les consommateurs voudront arrêter un jour de se comporter comme la masse de moutons? Il nous faudrait une propagande qu’un peu de bon-sens dans son assiette est bon pour la santé, pour que tout le monde en prenne. (C’est quand même vrai.)


Un article d'une nutricienne qui dédramatise la louange autour du quinoa. Relativisons les choses.

Posté par Luna k à 11:58 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires sur L'agglomération de viandes, l'agglomération de convoitises et l' agglomération de comportements

  • C'est la monoculture du bon sens et de la réflexion qu'il faudrait lancer. Mais ça, c'est difficile à cultiver, on dirait.

    Posté par _Marie_Claire_, 17 mars 2013 à 17:01 | | Répondre
    • La culture en question, parait-il, n'est pas rentable...
      Mais nous continuerons à cultiver nos petits jardins, ça c'est bien.

      Posté par Luna k, 17 mars 2013 à 17:44 | | Répondre
  • J'aime bien ton parallèle entre la viande en vrac et les et les matières premières alimentaires, comme le quinoa ou le soja... bien vu !

    Posté par Patrick Cadour, 17 mars 2013 à 21:28 | | Répondre
    • Oui, dans le fond, la logique de "masse" qui dicte.

      Posté par Luna k, 17 mars 2013 à 22:02 | | Répondre
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