27 avr. 2015

Livre low-tech "200 recettes secrètes de la cuisine française"

S'il bougeait, ça aurait été banal.
Mais, en fait non. Pas de mouvement. Une seconde, deux seconde, la troisième seconde passe...même pas un son.
Alors, on s'exclamait : « Waouh ! Ça bouge pas ! c'est rare un robot qui ne fait rien, c'est génial ! » On était émerveillé en scrutant le robot, couché bêtement sur la table, qui ne sait ni se lever, ni marcher, ni faire du bruit.
C'était un diner d'anniversaire d'un ami, quand un invité a sorti ce robot en guise de cadeau, et posé sur la table. Spontanément, tout le monde attendait qu'il fasse quelque chose. Finalement la surprise venait de l'autre coté. Un low-tech. Si rare de nos jours !
Notre ami a fièrement exposé son cadeau à côté de ses pots de plante. Les convives sont revenues à leur siège, ont retrouvé leur verre, et continué leur conversations. Le robot était resté aussi silencieux que les plantes.

Les high-tech, eux, ils sont partout et savent faire des choses. Intelligents, ils pensent même à notre place. Multisensoriels, ils nous gagnent les perceptions, saturées des informations et des désinformations venant de tout bord.

 

200 recettes secretes

 

Dans cette mer de produits de multimédias qui nous inonde de sons et d'images, j'ai, par hasard croisé un carrée flottant. On aurait dit, de loin, un drapeau de pirate avec deux os croisés. Ouf, c'était une cuillère et une fourchette, rien de méchant.

 

200 recettes secretes2


Ce livre m'a rappelé du robot qui ne bougeait pas.
Un format élégant de 14x16cm, la couverture sobre sur laquelle est inscrit « 200 recettes secrètes de la cuisine française ». Un certain Monsieur (ou Madame ?) Bifrons est son auteur. Je le prend dans mes mains et remarque la légèreté de poids par rapport l'épaisseur du livre, ce qui signifie qu'il n'est pas du papier glacé, mais cotonneux.

Je l'ouvre, la mise en page d'une époque passée, mais, belle intemporellement. La graphique et les typos sont bien réfléchis visuellement. Je suis ravie de voir un tel arrangement pour un livre de cuisine.
Tiens, je découvre l'absence de l'image. Quelle fraicheur, ça respire ! Tous ces photographies de nourritures qui gavaient les yeux (...oui, je sais, j'y participe moi-même...), il n'y en avait pas !

 

200 recettes secretes3



Est-ce vraiment secrètes ses recettes ? Difficile à dire, je ne suis pas capable d'en juger. Par contre, j'ai fait quelques recherches sur l'internet-je-sais-tout, et constaté que beaucoup de recettes ou de techniques figurant dans ce livre sont absents.
L'écriture est aussi simple et claire que l'apparence du livre. Les recettes traitent les ingrédients sans prétention, pourtant, on sent les mains avisées. Bref, le livre suggère les plats gouteux et authentiques.
Authentiques, oui, mais en même temps, l'absence de l'image et la simplicité de descriptions permettent la liberté d'imaginer la beauté qu'auront les mets, ce qui rend possible de différents finals d'après une recette.
Le talent de livre low-tech est joué : sans image provoquant une multitude d'image.

 

Etes-vous un peu jaloux de mon livre ? Allez, je partage quelques recettes.
(cliquez sur l'image pour agrandir)

 

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Bonne recette pour la saison

 

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Je partage la même incompréhension à propos de l'accord poissons-vin rouge.

 

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Je dessine mentalement ce qui va sortir du pot après la cuisson.
Il doit être diablement beau (ou contraire). Mais, succulent dans tous les cas.

 

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ni 7
Oui, le riz à l'espagnol n'est pas de la cuisine française, mais rien de grave.

Je me régalerai longtemps de ce livre.
Enfin, dommage, pas beaucoup d'information sur Bifrons, l'auteur.

 

 

Posté par Luna k à 10:35 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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Commentaires sur Livre low-tech "200 recettes secrètes de la cuisine française"

    Bonjour Luna !
    Je suis absolument ravi de cette découverte et vous remercie. De mon côté, j'ai trouvé qqs infos sur le mystérieux "Bifrons". Il semble que ce soit le pseudo utilisé par Jean Bourret (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Bouret), pseudo qu'il a utilisé uniquement pour cet ouvrage.

    Merci encore pour la découverte !

    Posté par Mike, 27 avr. 2015 à 15:28 | | Répondre
    • Effectivement, le livre est , à part la qualité culinaire, visuellement reussi, et ce sans image. ça m'etonne pas que derriere il y a un homme d'une sensibilité plastique.
      Merci Mike pour cet information sur Jean Bouret.

      Posté par Luna k, 01 mai 2015 à 00:11 | | Répondre
  • Le lien Wikipedia que j'ai fourni était erroné, voici le lien correct : http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Jean_Bouret

    Posté par Mike, 27 avr. 2015 à 23:33 | | Répondre
  • Merveilleux petit livre, probablement introuvable dans le commerce et que j'ai déniché un jour sur une brocante, attiré par la beauté de sa mise en pages (je suis typographe de métier, et j'admire toujours le travail des confrères...). Luna, moi qui suis un de vos admirateurs je suis particulièrement heureux de savoir que vous aussi vous l'aimez !

    Toutes les recettes y sont bien, donc je ne vous en recommanderai pas une en particulier. Elles sont parfois interprétées de manière un peu personnelles mais ça fait partie du charme du livre. En tout cas, on le consulte souvent, pour ma part il fait partie de mes livres de cuisine de chevet, avec l'ouvrage indispensable de Mme saint-Ange, le Reboul et la Chanot-Bullier (ces deux derniers pour la cuisine provençale, bien sûr).

    Ajout : merci pour votre joli morceau de bravoure à propos des graines germées, j'ai beaucoup ri en vous lisant (et je vais peut-être même en faire un jour, encore que moi, les graines...).

    Posté par Armand, 28 avr. 2015 à 05:14 | | Répondre
    • Bonjour Armand,
      Ah, ça fait plaisir que vous connaissez ce livre.
      C'est un metier interressant, typographe !
      Selon l'information, l'auteur, Jean Bouret etait un critique d'art. A part sa passion pour la cuisine, sans doute il aimait de beaux livres composés des typos et l'impression artisanaux. Ce n'est pas impossible qu'il aurait choisi lui-même les éléments de mise en pages.

      Posté par Luna k, 01 mai 2015 à 00:25 | | Répondre
      • Bonjour Nick-Luna,

        « Ce n'est pas impossible qu'il aurait choisi lui-même les éléments de mise en pages. » La maquette est de Jacques Daniel (voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Daniel), un des plus importants typographes français de la seconde partie du XXe siècle, ami de Jean Bouret qu'il a peut-être connu dans la Résistance (Jacques Daniel, était trop jeune pour avoir fait partie des Brigades internationales). Bref, ce sont deux très grands messieurs qui ont conçu ce livre...

        « C'est un metier interressant, typographe !  » Si on pouvait vivre, de nos jours, de maquette et de magazine ce serait encore mieux, mais enfin oui, c'est un beau métier de donner du sens aux choses et de rendre les images et les textes plus beaux...

        Luna-Nick, j'ai fait mon kimchi de printemps en m'inspirant, assez lointainement je l'avoue, de votre recette du « limchi pour tous ». D'abord parce que j'ai pris du chou pointu, un chou délicieux et fin, dont le goût et la texture sont à mi-chemin du chou de Milan et du chou chinois. Ensuite et surtout parce que j'y ai recyclé une partie de mon raifort aux betteraves, très bon mais un peu trop salé, et puis de toute façon j'en avais trop. Ne froncez pas vos jolis sourcils : mon kimchi est rose betterave plutôt que rouge piment, on va dire que c'est du kimchi russe ou polonais, un genre de kimchi yiddish en fait (rires). Il fermente depuis trois ou quatre jours et il sent déjà drôlement bon...

        Posté par Armand, 02 mai 2015 à 09:52 | | Répondre
        • Bonjour Armand, Moi aussi j'aime beaucoup le chou pointu, il est tendre. Je le fais fermenter juste dans l'eau salé et mange avec du riz. Pour moi c'est deja tres savoureux.
          La variation de legumes fermenté est inifie !

          Oui, les belles choses travaillées de la main deviennent de plus en plus luxe. Pour tant les artisants et les artistes ne gagnent pas formcement de plus en plus.

          Posté par Luna k, 18 mai 2015 à 16:23 | | Répondre
  • Bonjour Luna,

    merci pour cette référence et la si jolie manière de la présenter

    Vous vous étonnez de l'accord poisson-vin rouge, mais la lamproie à la Bordelaise se prépare au vin rouge (du Bordeaux bien sûr!) et sur l'ile de Ré, on prépare parfois des matelotes de soles (ou plus souvent de céteaux) au vin rouge; j'en ai goûté, c'est fameux!

    Posté par venezia, 16 mai 2015 à 19:08 | | Répondre
    • Ah, je me souviens vaguement une histoire de ces poissons serpentins. j'ai oblié la recette sauf la pendaison, la reception du sang, le fouettage... des trucs qui m'ont impressionné !

      Oui, la possibilité de l'accord vin mets est bien plus large (et souvent tres subjectif).

      Posté par Luna k, 18 mai 2015 à 16:15 | | Répondre
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