22 mars 2020

Covid-19 : Pourquoi et comment fabriquer son masque soi-même

 

P.S. : Vu de nombreux vols de masques, méfiez-vous et n'achetez pas, si vous croisez des ventes suspectes de masques médicaux. Ne participez pas à l'ignoblerie !

Cliquez ici pour aller DIRECTEMENT lire les REGLES A RESPECTER pour le port du masque

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Si vous êtes lecteur habitué à mon blog, vous devez connaitre ma passion pour la fermentation, vous comprendrez donc pourquoi je suis naturellement sensible à tous ce qui est dans l'air, invisible à nos yeux,  y compris les virus qui me font beaucoup réfléchir en ce moment.

Dans ce billet, je remets en question l'avis d'experts français qui déconseillent le port du masque. Sachez cependant que je ne suis pas une scientifique, les contenus suivant ne sont pas certifiés par les spécialistes, j'expose mes propres réflexions basées sur des informations confirmées et de bons sens. L'erreur n'est pas exclue.
Je précise qu'il s'agit ici du masque fait-maison, non pas du vrai masque dont la priorité va bien évidement aux professionnels de santé et aux travailleurs en contact avec le public.

 

Capture d’écran 2020-03-22 à 00En corée, tout le monde porte le masque et continue à fabriquer artisanalement pour ceux qui n’en ont pas. (image wikipedia)

To mask or not to mask ? Telle est ma question depuis un bon moment. Entre la recommandation française et celle émise en Corée (je suis coréenne), je suis partagée.
En Asie, porter le masque est un geste de base pour protéger les autres et se protéger. En Europe, ainsi qu'en Amérique, il est déconseillé sauf si on est malade. Est-ce une différence culturelle, avis médicaux divisés, ou tout simplement une tentative de dissimulation de pénurie de masque ?

Quelle attitude à opter ? Pourquoi serait-il logique de porter le masque?

D'abord, c'est par le principe du mieux-que-rien. (valable à la conditions de respecter les règles de bon usage que je vais citer plus loin).

A part le type des masques certifiés hautement filtrant (masque de protection respiratoire), le masque chirurgical ne fait pas une barrière parfaite contre le Covid-19. Par exemple, l'écart entre le masque et le visage - rare qu'un masque, même médicale, soit ajusté parfaitement aux courbes d’un visage, laisse des postillons et d'aérosols y pénétrer.

Un masque médicale n'est donc pas si parfait que l'on se l’imagine. Mais les professionnels le portent parce que ça aide. Un masque fait-maison n'est pas imperméable, pas aussi performant, mais ça aide, il saura même partiellement empêcher des postillons, une effet "écran". si tout le monde porte le masque, l'effet redouble (= moins d'emmission + moins de réception).

On dit qu'un porteur de virus sain (un contaminé n'ayant pas (encore) de symptôme) est un diffuseur plus fort de virus qu'une personne avec des symptômes. C'est-à-dire, des gens apparement bien portant, sans masque, que vous croisez chez votre boulanger peuvent être à l'origine de  votre contamination.

La Corée, géographiquement proche de la Chine, ayant beaucoup d’échange de personnes et de marchandises est plus exposée au risque du virus que la France.
La Corée déclare 8,799 contaminés (au 21 mars) après avoir pratiqué un très large dépistage. Quant à la France 12,483 contaminés à la même date, et ce, n'ayant fait qu’un dépistage insignifiant. Ce qui suppose qu'il y a beaucoup plus de contaminés « en liberté » en France. Ce sont ces gens-là que nous risquons de croiser. Vous comme moi, nous pouvons être « ces gens-là ». (Lisez cet article)
Apres ce constat, je fait prudemment, mais légitiment cette hypothèse : L’absence de masque, ne serait-elle pas une des causes de la propagation rapide du virus en Europe ?

 

bos-covid19Une magerie montrant le flux d'air émané d'une personne (Cliquez pour le crédit photo)


Le confinement dispenserait-il du masque ? Non, tant qu'on n'est pas soumis au confinement absolu, c'est-à-dire, pas de sortie pour travail, ni pour faire des courses, on rencontrera des risques inattendus, des incidents non contrôlables.
Un exemple : j'ai reçu hier un colis. On sonne, je panique, mais, au moins je me mets les gants et ouvre la porte, voilà le livreur à moins d'un mètre de moi, lui sans masque me dit des choses en me transmettant le colis. Tout cela s'est passé tellement rapide que je n'ai pas eu le temps de «prendre des précautions». Un autre exemple. Une amie, à la fermeture son lieu de travail, reçoit son gardien lui apportant des clés. Ce dernier, sans masque bien entendu, fiévreux visiblement, tousse près d'elle. Elle a à peine eu le temps de se reculer.
Un contact imprévu est toujours possible, et même si nous, on perd les pédales, le masque et les gants continuent à nous protéger.

Selon les partisans des anti-masques, si on n'est pas habitué, le masque engendrerait une sensation gênante et étouffante, ce qui favoriserai les contacts avec le visage.
Non, cette sensation de inconfort du masque est plutôt bénéfique, justement, elle peut aussi rappeler et se rappeler sans cesse que nous ne sommes pas libres et qu'il faut faire attention à tout moment. (Si on n'a jamais porté un masque, il est effectivement difficile à imaginer ce mécanisme.)
A l'inverse, sans masque, on est exposé davantage au toucher. Sachez que en moyenne, notre main touche notre visage toutes les deux minutes et demie. L'automatisme, c'est plus fort que nous. (lire l'article)

Conseils d'utilisation du masque fait-maison et du masque : Précautions, risques, entretiens

- Plus la matière du masque est « serrée », plus elle permet de filtrer de très petits particules, plus il est difficile de respirer normalement lorsqu’on le porte, obligeant à un effort pulmonaire et risquant une carence d’oxygène. Cela peut être grave pour ceux qui ont un problème respiratoire ou les femmes enceintes.

- Visualisez dans votre tête que des impuretés ou des postillons sont retenues sur la surface du masque. Cette surface aura, en théorie, plus de concentration de virus que dans l'air. Il ne faut donc pas la toucher. Si on est obligé de toucher le masque, on tient par son anse (ou l'attache élastique). Sans cette manipulation scrupuleuse, le masque peut être effectivement une source de contamination.

-Allergie, irritation, risque d’ inhalation : Si le contact est prolongé, même un tissu doux et naturel peut provoquer l'irritation. Attention aux tissus utilisés pour le masque maison, certaines matières ou tissus utilisés peuvent provoquer l'inhalation de substance toxique.

-Je vais citer plus loin des filtres que certains coréens utilisent dans le masque fait-maison. Mais pour le moment, on n'a pas de garantie sur l’innocuité de ces composants de substitution.

-L’humidité résiduelle du masque crée par la vapeur de la respiration,  favorise-t-elle la survie du virus ? ça reste en question. Pour éviter le masque humide, préparez-les plusieurs et changez-en souvent. Gardez les masques utilisés dans un sachet plastique avant de le laver ou désinfecter.

-On dit que le sentiment de sécurité éprouve lorsqu’on est équipé d'un masque et des gants peut diminuer la vigilance. 
N'oublions pas que ces équipements fortuits sont précaires comme un radeau sur la mer en tempête. C'est mieux que rien, c'est tout.

 

Capture d’écran 2020-03-22 à 00

Comment fabriquer des masques soi-même, quelle matières utiliser

Avant la fabrication de masque, commencez par vous laver les mains. Soyez sur que le plan de travail est propre. Il n'est pas exclu que vous êtes un malade asymptomatique, si c'est le cas, seront contaminés les masque que vous fabriquez, et seront contaminés ceux qui portent vos masques. Je vous recommande donc de porter le masque pendant la fabrication.
Pour être sûr, désinfectez vos masques artisanaux qui viennent de quelqu’un d’autre avant de le porter.

Masque réutilisable
En tissus, à priori, de coton. Lavable et supportant le traitement de chaleur pour désinfecter (faire bouillir plusieurs minutes dans l'eau). Selon l'information, le covid-19 meurt à 63°C. Sinon, on peut le laver avec du savon assez longuement.
Pour mieux protéger, on superpose 2 ou 3 couches de tissu.(voir vidéo) On peut faire une « poche » où on peut insérer un filtre éventuellement.
Selon le patron utilisé, on obtient une forme en 3D en créant de l'espace entre le masque et la bouche. Plus de confort, plus sécurisant et moins d’humidité résiduelle par la vapeur de la respiration. ( patron de masque)

Masque jetable
Les serviettes en papier : Le médecin et professeur Daniel Garin montre ici  comment faire le masque le plus simple au monde !
Certaines essuie-tout lavable peut s'utiliser. Il est plus résistant et maniable que la serviette jetable. Mais attention, on n'utilise pas deux fois, même s'il est lavable. Vous verrez plusieurs façons de fabrication. ici ou ici. L'internet regorge de vidéo de démonstration.

Filtres
Pour aller plus loin, on peut insérer des filtres entre deux couches de tissus. J'ai trouvé des exemples sur internet :filtre à café, papier nettoyant électrostatique (type Sweefer), textiles non tissé, filtre papier utilisé en laboratoire, filtre à thé en papier, sac d'aspirateur, bonnet de soutien gorge ou prothèse slip....  ! J'ai vu aussi le filtre meltblown spécial masque en vente.


Il faut aller plus prudemment pour les filtres, certaines sont trop denses et rendent difficiles la respiration. En plus, on n'a pas d'information sur leur toxicité pour l'usage respiratoire.
Personnellement j'ai été curieuse du papier électrostatique, et en ai acheté spécialement. L'odeur de parfum synthétique est horrible. Apres les avoir aérés pendant 2 jours dans l'espace calme afin de ne pas provoquer l’électrostatique pour rien, il n'y a plus aucun odeur. Mais à part la toxicité éventuelle, la réelle efficacité des filtres reste toujours en question.

Les filtres sont pour l'usage unique. Les impuretés, voire les virus peuvent y être retenues, jetez-les.

Pour ajuster au mieux le masque sur le nez (pince-nez), et diminuer  ainsi l’écart entre le masque et le visage, collez ou insérer au masque un fil de fer plastifié qui se sert habituellement pour fermer le sachet de pain par exemple.


Comment enlever le masque ? C'est important de respecter ces règles. On se lave les main d'abord, on l’enlève en tenant par une anse ou l’élastique, partie accrochant sur l'oreille, sans toucher la face du masque. On jète le filtre si on l'a mis, et lave le masque avec le savon toute en se lavant de nouveau les mains. Et on peut désinfecter par la suite. Si vous ne pouvez pas le désinfecter tout de suite, gardez le dans un sac plastique. Un masque est à usage unique ou à désinfecter avant de le réutiliser.

Le port du masque doit être accompagné par d’autres précautions : Même avec le masque, on évite le contact, garde la distance, tousse dans le coude, ne sortir que pour si c’est nécessaire.

Je vous rappelle encore une fois, que le contenu de cet article est basé sur une analyse personnelle, il n'est pas certifié par une expertise scientifique. Mais je me permets d’écrire pour vous susciter votre questionnement.
Salutairement votre.

 

Posté par Luna k à 00:24 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Covid-19 : Pourquoi et comment fabriquer son masque soi-même

  • Merci pour cet article passionnant ... et édifiant.
    Je ne suis pas une grande couturière et la vidéo me serais utile, mais elle ne fonctionne pas ?
    Bonne journée, je mets en place ce tuto bien utile

    Posté par Bozu, 22 mars 2020 à 14:50 | | Répondre
    • Merci, j'ai activé le lien sur le vidéo !

      Posté par Luna k, 04 avr. 2020 à 13:05 | | Répondre
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